Monday, 8 May 2017

L'Holomatière, La conscience quantique et l'au-delà - Emmanuel Ransford (2013)



Synopsis: "Qui sommes-nous, et que restera-t-il de nous après notre brève existence terrestre? Où sont nos chers disparus, et pouvons-nous communiquer avec eux? Y a-t-il un au-delà, et avons-nous une âme promise à la vie éternelle?
De nombreuses réponses sont offertes à ces questions cruciales. Cependant, la plupart restent purement arbitraires et subjectives. L’auteur tente d’aller plus loin. Pour cela, il propose un éclairage inédit sur l’au-delà et l’immortalité. Son approche, originale et innovante, s’appuie sur la science contemporaine.
Cet essai, clair et accessible à tous, nous invite à explorer les profondeurs du réel. Il pose que l’invisible existe et qu’il se manifeste dans l’atome et dans l’électron. Cette hypothèse conduit à la notion d’holomatière, qui est présentée.
L’auteur montre alors que la conscience cérébrale s’enracine dans la réalité quantique. Nous découvrirons que cette conscience quantique rend plausible l’immortalité de l’âme. Elle fait de nous des géants de l’invisible aux pouvoirs insoupçonnés.
Ainsi la vie serait plus, beaucoup plus, qu’un passage terrestre absurde et sans lendemain: tel est le réconfortant message qui émerge de cet ouvrage.Le nouveau livre d’Emmanuel Ransford tente de cerner le concept de « conscience quantique » par une approche originale et inédite qui permet de reconsidérer la question de l’au-delà. Il explique, au passage, les fondements de la physique quantique, d’une façon accessible aux non-spécialistes. Emmanuel Ransford est physicien, épistémologue, écrivain et conférencier. Il s’est toujours questionné sur le sens et la possibilité d’une explication profonde des choses. Insatisfait du matérialisme et surtout, peu convaincu par lui, il a élaboré au fil du temps un modèle de la réalité qui s’en démarque."

Un peu d'Histoire: « Une ambition nationale louable. » Les francs-maçons et la République batave (2001)


Auteur: Anton van Sande
Lien vers l'article complet: http://www.persee.fr/docAsPDF/ahrf_0003-4436_2001_num_326_1_2550.pdf


Résumé: "Les francs-maçons néerlandais ont-ils joué un rôle important dans la révolution batave ? C'est là un des points sur lesquels il importe de s'interroger. De fait, les francs-maçons de la République avaient exclu de leur loge politique et religion. S'y trouvaient des hommes de toutes tendances, que la révolution batave contraignit d'entrer malgré tout en politique. L'hypothèse est ici que les réformes apportées dans les années 1750 avaient déjà préparé les maçons à l'unité et à la centralisation, tandis que les pratiques démocratiques ne leur étaient pas inconnues. Mais ce qui valait dans la loge pouvait fort bien ne pas valoir dans la société. Avec la proclamation de la République batave, il s'avéra que les frères étaient divisés. Leur engagement politique n'était pas univoque." 

Wednesday, 19 April 2017

Franc-maçonnerie et orientalisme en Grande-Bretagne (1987)


Auteur: Marie-Cécile Révauger


Extrait: "L'Orient est avant tout une convention, un espace sacré tracé par les francs-maçons, le cadre imaginaire de leurs « travaux », qui assure le dépaysement nécessaire à leur liberté de penser, lieu de sagesse, loin de toute censure politique ou religieuse. Les clivages d'ordre « profane » sont momentanément oubliés au profit d'une harmonie retrouvée ; c'est du moins ce qu'évoque l'Orient dans la symbolique maçonnique. Or l'Orient littéraire a une fonction très semblable : le cadre exotique, souvent indifférencié, orientalisé plus qu'oriental, est la toile de fond d'un fabliau ou d'une anecdote édifiante, qui se trouvent ainsi rafraîchis par l'originalité du décor, à moins qu'il ne serve à dédouaner une satire morale, sociale, voire politique, en masquant sa véritable nationalité derrière quelque paravent aux teintes chatoyantes : nous songeons au Citizen of the world de Goldsmith (1760-1762) directement inspiré des Lettres persanes (1721)."

Tuesday, 7 March 2017

Franc-maçonnerie et protestantisme (1985)


Auteur: Daniel Ligou

Extrait: "La «construction» de 1717 est (...), essentiellement, une construction protestante. Un problème se pose immédiatement mais qu'il paraît difficile de discuter dans le simple cadre de cet article. Y avait-il, aux débuts du siècle en Angleterre ou dans quelque autre pays britannique, une Maçonnerie antérieure à celle que venaient de bâtir Désaguliers et ses amis, Maçonnerie qui aurait été «traditionnelle», stuardiste sur le plan politique, catholique ou crypto-catholique sur le plan religieux ? Une hypothèse souvent défendue voudrait qu'on opposât en Angleterre, et aussi en France, deux Maçonneries, l'une catholique et stuardiste, l'autre protestante et hanovrienne. Et c'est seulement lorsque, en 1738, la seconde l'eut définitivement emporté, que le Pape condamna l'institution."

Thursday, 2 March 2017

Un peu d'Histoire: Juifs et franc-maçonnerie au XIXe siècle. Un état de la question




Auteur: Jean-Philippe Schreiber

Extrait: "La présence de Juifs dans les loges dans le premier siècle d’existence de la franc-maçonnerie spéculative participe de l’éclatement progressif de la société juive et du pluralisme qui la caractérise désormais. Dès le XVIIIe siècle en effet, l’attraction exercée par les loges sur certains chrétiens, mais aussi sur certains Juifs, reflète la montée du rejet des institutions religieuses, de la volonté de réunir des hommes par-delà les clivages religieux, l’affaiblissement des liens traditionnels et la valorisation de l’individu. "

Lien vers l'article complet: https://www.cairn.info/revue-archives-juives-2010-2-page-30.htm

Sommes-nous faits de poussières d'étoiles ?




Extrait: "L'expression « poussières d'étoiles », reprise par Hubert Reeves pour le titre de l'un de ses plus célèbres livres, est à l'origine de Carl Sagan. Dans sa série Cosmos, l'astrobiologiste déclarait « l'azote dans notre ADN, le calcium de nos dents, le fer dans le sang, le carbone dans nos tartes aux pommes ont été faits à l'intérieur d'étoiles qui se sont effondrées. Nous sommes faits de poussières d'étoiles »."

Lien vers l'article: http://www.futura-sciences.com/sciences/questions-reponses/astrophysique-sommes-nous-faits-poussieres-etoiles-7275/?utm_content=buffer3bb16&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=buffer

Un peu d'Histoire: Les Vietnamiens dans la franc-maçonnerie coloniale (1998)


Auteur: Jacques Dalloz


Résumé: "La franc-maçonnerie s'est développée en Indochine à partir du IIe Empire. Mais c'est seulement à la fin des années vingt que la maçonnerie indochinoise s'ouvre vraiment aux « indigènes ». Deux loges (Confucius à Hanoï et Kong Phu Tseu à Saigon) se spécialisent comme loges « franco-annamites ». Entre 1925 et 1940, la maçonnerie indochinoise accueille une élite vietnamienne, initiée soit sur place, soit en France (Pham Quynh, Bui Quang Chieu, ...). Interdite par Vichy, reprenant difficilement en 1945, l'ordre maçonnique ne compte guère en Indochine à partir de 1940". 

Lien vers l'article complet: http://www.persee.fr/docAsPDF/outre_0300-9513_1998_num_85_320_3659.pdf

Wednesday, 1 March 2017

Un peu d'Histoire: Franc-maçonnerie, guerre et paix (1984)


Auteur: José Gotovitch

Extrait: "À la veille de l'arrivée au pouvoir de Hitler, la maçonnerie allemande ne dispose plus d'aucune force morale : «Trois-quarts ne sont pas prêts à résister à l'hostilité, le quart restant n'est pas en état de le faire». Localement les violences anti-maçonniques se déclenchent dès après les élections de mars 1933, malgré le télégramme d'allégeance des loges prussiennes qui se transforment volontairement en «Ordres chrétiens allemands» n'ayant plus de rapport avec la maçonnerie. Elles insistent sur leur refus de toujours d'initier des juifs. Ce ne sont plus que «des patriotes brûlant du désir d'édifier le nouvel État». Un numéro de leur bulletin se réjouit en 1934 de relever que la SS ne s'oppose pas à l'admission de membres de l'Ordre. Plusieurs «Loges humanitaires» décrètent leur propre dissolution. Le 4 janvier 1934 un décret de Goering «autonomise» chaque Loge, ne faisant dépendre sa dissolution que d'elle-même ... et de lui! Les violences physiques - destructions, saisies - facilitent alors les dissolutions «volontaires». Malgré cela, les ex-maçons ayant rejoint le Parti après le 30 janvier 1933, en sont exclus".


Saturday, 21 January 2017

18 janvier 1743 naissance de Louis-Claude de Saint-Martin dit Le Philosophe Inconnu




Pour lire l'article en entier, voici le lienhttps://www.facebook.com/notes/grande-loge-nationale-française/18-janvier-1743-naissance-de-louis-claude-de-saint-martin-dit-le-philosophe-inco/1251161878282449


"Alors que son régiment était en garnison à Bordeaux, il entra en contact avec le nouveau Rite introduit dans la Maçonnerie par Martines de Pasqually. Saint-Martin fut initié au Rite des Elus-Cohens en 1768. 

Il développa ensuite ses connaissances par une lecture approfondie des œuvres du théologien et mystique suédois Emmanuel Swedenborg (1668-1772).

En 1771, il quitta l’armée pour devenir guide et instructeur dans le domaine particulier du mysticisme.

En 1772, il devient Réau-Croix, le degré le plus élevé du système de Martines de Pasqually. Ensuite il abandonna la voie théurgique cérémonielle pour suivre une voie mystique personnelle, tout en reconnaissant que c’est à Martines de Pasqually qu’il devait, je cite : « son introduction dans la vérité supérieure ».

En 1773 et 1774, il demeure à Lyon chez Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824), autre disciple de Martinès de Pasqually, qui créa, en 1778, le Rite/Régime Écossais Rectifié (RER)."


Saturday, 19 November 2016

Les Francs-Maçons, la connaissance scientifique et les machines au siècle des Lumières


Auteur: Jacques Lemaire

Extrait: "Les francs-maçons de l'époque des Lumières, et les membres de la loge des Neuf Sœurs en particulier, ne se sont donc pas cantonnés dans une vaine spéculation théorique. Les uns ont cherché à mettre leur savoir à la disposition de leurs contemporains en suppléant aux carences du clergé dans l'enseignement des matières scientifiques et techniques. D'autres, davantage animés par une intuition pratique, ont innové en offrant à la civilisation les fruits concrets de leurs réflexions. En fils spirituels de l'Encyclopédie, «concrétisation de la philosophie du temps», tous ont contribué de la manière qu'ils estimaient la plus adéquate au progrès intellectuel et social de l'humanité. "

Il est incontestable que la Franc-Maçonnerie est née en Écosse et non en Angleterre.



Extrait: "La recherche historique sur la franc-maçonnerie s'est professionnalisée et a connu un grand essor dans les pays anglo-saxons depuis plusieurs décennies. Résultat : les certitudes les plus établies sont battues en brèche et les frères sont déstabilisés dans leurs croyances. Auteur de nombreux ouvrages, dont le dernier, « Le symbole perdu décodé » (éditions Vega), rédigé avec Alain Bauer, donne les clés pour comprendre le dernier livre de Dan Brown, Roger Dachez, président de l'Institut maçonnique de France et historien internationalement reconnu, décrypte ces découvertes inattendues."


Thursday, 10 November 2016

Les illuminés de Bavière et la Franc-Maçonnerie allemande




Publié en 1915, ce livre demeure un ouvrage de référence sur les Illuminés de Bavière, et il est d'autant plus précieux que beaucoup de documents auxquels l'auteur a eu accès ont disparu depuis les deux guerres mondiales. Il sera particulièrement utile à ceux qui s'intéressent à l'illuminisme et au martinisme du XVIIIe siècle, dans la mesure où il évoque également l'histoire de la Stricte Observance Templière et celle des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte.

Texte de la brochure de présentation du livre : « La société secrète, appelée Ordre des Illuminés, fondée en 1776 par un professeur bavarois, fit des prosélytes dans toute l'Allemagne et jusqu'en Hongrie, et inscrivit sur ses listes des noms célèbres comme ceux de Goethe et de Herder. Elle tenta de conquérir les loges allemandes ou de les gouverner en secret. On lui a attribué une influence décisive sur la Révolution française, et la police napoléonienne la crut digne de son attention. L'auteur, en s'appuyant sur des documents inédits consultés dans les archives de la Maison royale de Bavière, dans celles de la loge Ernest au Compas de Gotha et aux Archives nationales, a écrit l'histoire complète et détaillée de cette association jusqu'à présent mal connue. Les chapitres qu'il a consacrés à la franc-maçonnerie allemande racontent la vie pittoresque de cette société depuis ses origines jusqu'en 1780 ; le lecteur y trouvera, à côté de l'analyse des principaux rites et de renseignements sur les loges françaises, autrichiennes, suédoises et polonaises, le portrait des différents personnages qui conduisirent souvent les Frères sur les voies aventureuses de l'alchimie et de l'occultisme. L'ouvrage contient des planches documentaires d'après des originaux datant du XVIIIe siècle. »

Thursday, 6 October 2016

Une peu d'Histoire: Quand la Franc-maçonnerie était légitimiste et royaliste.



Auteur: Frédéric de Natal (le 19 juin 2015)

Traditionnellement, dans les milieux catholiques et monarchistes, il est coutume d’être hostile aux loges franc-maçonnes, accusées d’avoir organisé et planifié la révolution française. En effet, l’ouvrage à succès de l’abbé jésuite Augustin de Barruel (1741-1820), « Mémoires pour servir à l'histoire du Jacobinisme », affirme que cette période sanglante de notre histoire est l’œuvre unique des francs-maçons, des philosophes athées et des jacobins, qui contribuèrent au renversement de la monarchie. Une thèse qui sera largement reprise sous la IIIème république. Cependant, c’est oublier ou nier certaines réalités historiques qui attestent que les premières loges furent dévouées à la monarchie légitime.

C’est au XVIIème siècle avec la chute de la monarchie Stuart, que les premières loges maçonniques apparaissent en France. Les officiers du régiment « Royal Irlandais » se réunissent alors en secret afin de préparer la restauration de la monarchie légitime en Angleterre. Ainsi sont introduits en France grâce aux écossais, « les rites les plus anciens, inspirés des initiations de bâtisseur et de la tradition templière ». Louis XIV de Bourbon lui-même a donné sa bénédiction à la création de cette loge, La Parfaite Égalité, à Paris. Le Roi- Soleil n’a rien à craindre de cette société dont il surveille néanmoins les activités. 

C’est en 1738 que la première Grande Loge de France nait sous la direction de Louis de Pardaillan de Gondrin (1707-1743). La nomination de ce prince de sang à la tête des loges comme « Grand maître général et perpétuel des maçons dans le royaume de France » n’est pas anodine. Les frères, qui n’avaient pas les faveurs du Roi Louis XV, espéraient que le Roi  (malgré sa crainte des complots) en oublierait de faire enregistrer la bulle papale (« In eminenti apostolatus specula ») de Clément XII. En 1738, le Pape condamnait le goût du secret et du multiconfessionnalisme  qui régnait au sein de ces sociétés qu’il suspectait de pratiquer l’ésotérisme.

Une bulle qui sera reprise par tous ses successeurs durant deux siècles, accusant la franc-maçonnerie d’être une « œuvre de destruction du catholicisme ». Mais à regarder de plus près la haine de Clément XII envers les Francs-maçons n’était-elle pas d’abord plus personnelle que politique. En effet, sa Toscane natale cédée par les Médicis au futur mari de l’impératrice Marie-Thérèse était gouvernée par un franc-maçon. Clément XII ne le supportait pas… et en édita une bulle !

Finalement, bien qu’il voie leurs activités d’un mauvais œil, Louis XV ne donnera pas suite à cette bulle que le parlement se gardera bien d’ailleurs d’enregistrer. Parmi les francs-maçons figurent plusieurs membres de la noblesse et de l’Eglise y compris issus de la maison de France. En 1743, c’est le prince et comte de Clermont, Louis de Bourbon-Condé, petit-fils du Roi soleil qui hérite de la charge de Grand-maître de la loge. « La Franc-maçonnerie véhicule alors des règles et des principes parallèles aux règles et principes de la Monarchie absolue tout en étant influencée par les Lumières des philosophes. »

Sunday, 2 October 2016

Un peu d'Histoire: Les maçonneries et leurs influences sur les projets de création des Etats nouveaux en Amérique (1815-1835)


"Ce survol rapide de quatre épisodes impliquant concrètement la maçonnerie dans le débat sur le type de société que les Américains doivent imaginer une fois obtenue l’indépendance mérite d’être approfondi, pas obligatoirement dans le but de démontrer l’existence d’une organisation internationale (l’eurocentrisme n’a rien à voir avec notre volonté historiographique) influente au moment de ce changement sociétal, mais simplement d’en comprendre tous les aspects au risque, si cette ouverture thématique ne se produit pas, de retomber dans la conception d’histoires nationales en dehors de toute influence ou appartenance extérieure. L’étude des réseaux et des circulations maçonniques s’inscrit dans une approche transnationale. Au contraire, les histoires nationales qui peuvent avoir été très utiles aux différents pouvoirs politiques au moment de l’affirmation des nouvelles nations durant la seconde partie du XIX° siècle, aujourd’hui ne peuvent constituer l’unique interprétation ou explication aux systèmes qui régissent encore au présent les pays dans lesquels nous vivons."

Sunday, 7 August 2016

Compagnonnages chrétiens et compagnonnages musulmans

Extrait: "En ces temps noirs d'intolérance et d'incompréhension, il n'est pas sans intérêt de rappeler auparavant combien la civilisation occidentale est redevable à l'Islam dans le développement de ses connaissances, notamment scientifiques et technologiques. L'un des apports les moins bien connus concerne directement l'un des supports privilégiés des compagnonnages : l'architecture. C'est en effet de l'Islam que proviennent, directement et/ou indirectement, les deux composantes majeures ayant permis à l'art gothique de naître et s'épanouir : la géométrie et l'arc d'ogive

Si l'on admet que les compagnonnages (ou les pré-compagnonnages) occidentaux existaient déjà au moment des Croisades, ceux-ci ont nécessairement eu contact avec leurs homologues musulmans. L'on sait en effet que les ordres chevaleresques transportaient avec eux une main-d'œuvre qualifiée, notamment pour construire les forteresses, et qu'ils faisaient également appel à la main-d'œuvre locale. Des échanges technologiques se sont donc obligatoirement produits, et probablement se sont-ils accompagnés d'échanges spirituels et intellectuels.

Cette hypothèse est d'autant plus crédible que la naissance et le développement de la futuwwa est consécutif à la nécessité que rencontra l'Islam dans son expansion d'assurer les conditions de la poursuite de cette dernière et de sa pérennité. Les Arabes n'étaient pas des artisans mais surtout des guerriers et des commerçants (trafiquants) ; ils avaient donc besoin, au fur et à mesure de leurs conquêtes, de conserver sur place les artisans non musulmans. Car les amener à fuir loin au-devant d'eux, c'était à court terme ne même plus disposer de richesses à razzier, d'armes pour se battre, de main-d'œuvre pour construire des forteresses. Aussi se développa très tôt un statut juridique favorable aux populations conquises et notamment aux artisans, leur assurant une relative sécurité sans même l'obligation de se convertir à l'Islam – l'on a tendance à oublier la dimension pacifique de l'Islam face à la barbarie et à l'intolérance dont faisaient preuve les Croisés, notamment les Templiers ! Dans ses premiers temps, et jusqu'assez tard, la futuwwa regroupa donc aussi bien des musulmans que des chrétiens et des juifs."

Auteur: Jean-Michel Mathonière

Tuesday, 5 July 2016

Un peu d'Histoire: La chevalerie et ses marges - Enquête sur les chevaliers criminels dans les textes littéraires des XIIe et XIIIe siècles



Les chevaliers littéraires du Moyen Âge central ne sont pas tous des héros exemplaires. Certains d’entre eux contredisent par leur comportement le rôle régulateur que les écrivains des XIIe et XIIIe siècles attribuent à la chevalerie. Si les « marges » de la chevalerie romanesque du temps incluent les chevaliers couards ou incapables, elles concernent très souvent des figures criminelles destinées aussi bien à servir de « contre-exemples » à des personnages positifs qu’à légitimer l’idéologie courtoise et la vocation justicière de la chevalerie. Elles asseyent une réflexion commune à beaucoup d’auteurs sur la légitimité du recours à la force. 

Plusieurs éléments définissent un chevalier criminel et permettent de le considérer comme un représentant des marges d’un monde civilisé. Tout d’abord, ce type de personnage est constamment isolé d’un point de vue éthique ; il n’est pas entouré de pairs partageant les mêmes valeurs que lui. Il adopte ensuite en permanence des attitudes ou des comportements « délictueux » au sens où l’idéologie courtoise les condamne, alors qu’il jouit de l’ensemble de ses facultés mentales ou physiques. Plus précisément, il se livre à des actes qui transgressent avec violence les règles juridiques et morales organisant la vie sociale : il devient bandit, violeur, assassin ou défie un seigneur légitime. Brisant la paix d’un royaume ou d’une seigneurie, il provoque d’autant plus l’indignation et la colère et est considéré comme un ennemi public irréductible. 

La criminalité chevaleresque est donc un ensemble de comportements qui enfreignent en permanence l’éthique d’une violence légitime et maîtrisée : les chevaliers criminels sont d’autant plus dangereux qu’ils sont bons combattants. Incarnations de la démesure, ils réalisent la potentialité destructrice de la chevalerie, activité violente qui suppose parfois que l’on inflige la mort. Le criminel chevaleresque se définit aussi par des fonctions narratives qui le rapprochent de certains avatars monstrueux du refus d’une éthique commune ; il peut également être comparé à des figures d’une humanité archaïque. Les jeunes filles et les représentants d’une autorité positive sont les principales victimes de ces figures d’une violence inquiétante.

Auteur: Pierre Levron
Pour l'article intégral, rendez-vous sur: https://questes.revues.org/2161

Sunday, 12 June 2016

Un peu d’Histoire: 12 avril 1096, La croisade populaire de Pierre l'Ermite


Le pape Urbain II ayant appelé les chrétiens à délivrer Jérusalem, les paysans se mobilisent les premiers, par milliers, sans autres armes que leur foi.

La plupart suivent un apôtre d'Amiens charismatique et quelque peu fanatique, Pierre l'Ermite, qui dit avoir reçu du Christ mission de reconquérir les Lieux Saints lors d'un précédent pèlerinage en Terre Sainte, en 1093. D’autres pèlerins suivent un chevalier de Langres, Gautier-sans-Avoir, figure noble et désintéressée.

Échec de la croisade populaire
Tous ces pèlerins se rassemblent à Cologne et c'est de là qu'ils partent, le 12 avril 1096, sans attendre les chevaliers qui ont entrepris de se rassembler d'abord au Puy, selon les instructions du pape. 

Comme la plupart de leurs contemporains, ils n'ont guère conscience du temps historique. Ils se figurent le Christ comme à peine antérieur à eux et sont enclins à reconnaître ses meurtriers dans les juifs de rencontre.

C'est ainsi que certains égarés, sous la conduite de chefs peu recommandables, Volkmar, Gottschalk ou encore Emich, le « massacreur de juifs », se livrent à des massacres de juifs en Rhénanie, malgré la défense des évêques. Ils commettent des pillages jusqu'en Hongrie, où une partie d'entre eux sont massacrés par les seigneurs locaux. C'est le début de l'anti judaïsme en Occident après plusieurs siècles de coexistence relativement pacifique entre juifs et chrétiens.

Quant aux troupes de Pierre l'Ermite, elles arrivent plus ou moins sans encombre à Constantinople le 1er août 1096, bien avant que les guerriers aient eux-mêmes quitté leur lieu de rassemblement...

Les croisades en Terre Sainte
Le 27 novembre 1095, le pape Urbain II invite les guerriers d'Occident à délivrer le Saint-Sépulcre et secourir les chrétiens d'Orient.
En deux siècles, les croisades vont mettre en branle plusieurs centaines de milliers de personnes.

Un peu d’Histoire: Saint Benoît lègue sa règle aux moines d'Occident



Le 21 mars 547 meurt saint Benoît de Nursie, un moine italien né 67 ans plus tôt dans la pire période des invasions barbares. On lui doit la redécouverte de la culture antique et la règle monastique dite « bénédictine » qui va valoriser le travail dans toutes les couches de la société.

Un moine d'exception
 Après des études de droit à Rome, Benoît se retire dans une grotte pour prier et pratiquer l'ascèse mais sa réputation de sainteté lui vaut d'être rejoint par d'autres ermites.
Benoît rassemble ses compagnons dans les ruines d'une forteresse, sur le mont Cassin, entre Naples et Rome. Puis il édicte pour eux une règle très simple, en 73 chapitres courts et un prologue.

À la différence des règles en usage dans les monastères orientaux, la sienne combine la prière, le travail et la tempérance dans un climat d'équilibre et de paix. « Ora et labora » (prier et travailler) était sa devise.

Le travail lui-même doit se partager entre les tâches intellectuelles (instruction, étude et copie des textes anciens...) et les tâches ordinaires (travaux ménagers, artisanaux ou agricoles).

Une règle à vocation universelle
La règle de saint Benoît de Nursie est reprise deux siècles plus tard, sous le règne de Charlemagne, par saint Benoît d'Aniane, fondateur de plusieurs monastères en pays franc. 

En 817, au concile d'Aix-la-Chapelle, l'empereur Louis le Pieux, fils et successeur de Charlemagne, l'impose à tous les monastères de son empire.

Cette règle dite « bénédictine » va contribuer d'une manière décisive au renouveau de la chrétienté occidentale en invitant les moines à redécouvrir l'héritage de l'Antiquité et surtout en valorisant le travail manuel.

Source : Herodote

La carte de Tarot du Chariot : positive ou négative ?


Dans le Tarot de Marseille, le Chariot est sans doute l’un des arcanes majeurs que l’on considère comme particulièrement favorable. Évoquant le  voyage, l’indépendance, la liberté, cette carte est en effet très positive. Mais, comme le Tarot de Marseille ne se limite jamais à une interprétation unique, nous allons voir que le Chariot a aussi ses secrets...


L’image du Chariot dans le Tarot de Marseille
 La septième carte du Tarot de Marseille est celle du Chariot, arcane souvent apparenté au voyage, au départ, au déplacement, au changement.

Il faut cependant émettre quelques réserves quant à cette interprétation. Le personnage central, Sa Majesté, est dans une attitude plutôt nonchalante, la main gauche sur sa hanche, la main droite tenant négligemment un sceptre qui n’a rien de royal. Il semble sûr de lui et relativement décidé. Pourtant, ce n’est pas lui qui conduit cet étonnant attelage, qui pourrait davantage s’apparenter à un manège qu'à un moyen de transport.

Coiffé d’une couronne, autre signe de sa royauté, il se laisse conduire. Tout semble « aller comme sur des roulettes  ». De plus, le personnage sur le Chariot est dans une situation élevée qui lui permet de voir de haut et donc plus loin.


L’arcane du Chariot révèle la foi en un avenir radieux
Dans sa version positive, le Chariot nous dit que nous avons une grande confiance en nous, une aisance, un optimisme qui permet toute entreprise. Il nous assure que tout ira comme nous voulons. Du moins, nous avons confiance en notre destin, et nous pouvons nous y abandonner. Nous semblons aller vers le triomphe, la réussite...


La face cachée de la carte du Chariot
Mais tout n’est jamais si simple et il y a toujours un revers à la médaille. Dans son aspect plus sombre, le Chariot nous indique une certaine facilité, une trop grande décontraction.

Avoir confiance en son destin, c’est bien, mais cela peut aussi donner aussi un sentiment de supériorité, alors que ce n’est pas le personnage principal qui conduit le Chariot, il se laisse juste porter. Si tout arrive d’emblée sur un plateau, il faut en profiter mais garder à l’esprit que ce n’est pas un dû. La facilité endort et peut rendre arrogant.

Trop de confiance en soi peut aussi mener à des situations périlleuses. En se penchant sur l’image que nous renvoie le Chariot, nous pouvons voir que les deux chevaux tirent chacun en oblique. Vont-ils « à hue et à dia  » ? Les roues du Chariot sont complètement perpendiculaires à la caisse centrale, ce qui doit poser problème pour rouler...

Cette carte de Tarot questionne le désir que chacun éprouve un jour : celui de voyager, de partir. Ce voyage n’est peut-être qu'un voyage intérieur ? C'est le moment de choisir.

La carte du Chariot  invite à faire un choix  
Cet arcane vient après celui de l’Amoureux dont la signification se rapporte au choix. Après avoir quitté le nid familial, représenté par l’Impératrice et l’Empereur (qui peuvent s’interpréter comme des figures parentales) et le Pape et la Papesse (qui peuvent s’assimiler à des éducateurs, des enseignants), chacun doit forger sa propre personnalité avec ou contre ses modèles.

Le Chariot représente un nouveau départ dans la vie. Il indique que c’est le moment d’affronter les obstacles et de triompher. Il suggère que l’on peut atteindre la grandeur quand les forces physiques et spirituelles (déterminées par les couleurs rouge et bleu des chevaux qui tirent le Chariot) sont équilibrées.

Un peu d'Histoire: Le 16 mars de l'an 597 av. J.-C., Jérusalem tombe aux mains de Nabuchodonosor.



Le puissant roi de Babylone reçoit la soumission du royaume de Juda. Celui-ci est l'ultime survivance du royaume d'Israël fondé quatre siècles plus tôt par Saül, David et Salomon, et dont la population a déjà eu à souffrir des Assyriens.

Nabuchodonosor déporte la famille royale et l'élite juive dans son pays, entre le Tigre et l'Euphrate (l'Irak actuel).

Dix ans plus tard, suite à une ultime révolte, toute la population de Jérusalem est envoyée en Mésopotamie et le prestigieux Temple de Salomon est détruit. C'est la première diaspora.

Les prophètes hébreux de l'époque, tels Jérémie et Ézéchiel, voient dans ces malheurs une punition infligée au peuple hébreu pour avoir désobéi à Dieu.

À Babylone, cependant, les Juifs vont affermir leur religion et regagner en prospérité ce qu'ils ont perdu en liberté.

Cinquante ans plus tard, lorsque Cyrus, roi de Perse, conquerra la Babylonie, une partie des Hébreux retournera en Palestine pour bâtir un deuxième Temple, tout en demeurant sous la tutelle des Perses.

Avec la chute de Jérusalem, c'en est fini de l'indépendance d'Israël pour... 2500 ans, jusqu'à la résurrection de l'État hébreu au XXe siècle de notre ère (mise à part une brève période d'indépendance sous les Maccabées ou Asmonéens).

Source : Hérodote